Moine de thérapie le jour, thumbnambulist la nuit

Lectures 2026 : Lee Lai, Cannon

La dernière BD de Lee Lai est chouette.

D'un point de vue formel j'ai aimé le mélange de trois langues (anglais, français québécois, cantonais (?)), qui nous décentre. Certaines choses nous échappe, à moins d'être trilingue. On n'est pas Cannon / Lucy, le personnage principal, nous sommes de simples témoins de ce qui se déploie autour d'elle et en elle.

J'ai aussi aimé la façon dont Lee Lai représente la parole, les bulles qui se superposent lorsqu'un personnage coupe la parole à un autre, les bulles qui sortent du cadre lorsque les conversations se recouvrent, sont en arrière-plan, ou quand le personnage qui écoute se dissocie, n'entend plus ce qui lui est dit.

Sur le fond, ça parle de façon très juste de certains mécanismes dans les relations, particulièrement les relations amicales. Entre celleux qui débordent et celleux qui s'effacent – aucune de ces positions n'étant fructueuse, ni vertueuse. Ça fait écho à une éthique relationnelle que je m'efforce de mettre en œuvre depuis quelques années, que je n'arrive pas encore à bien décrire ; je tourne autour de mots sans en être satisfaite.

Et puis, avis aux éditeurices, pour la traduction en français, j'ai une proposition de surnom pour le personnage principal : Kaze (Camille > Cami > Kamikaze > Kaze)