Le rosier
Un texte écrit en atelier d'écriture, qui ne ressemble pas du tout à ce que j'écris d'habitude, sur le mode du poème fondu, à partir du dernier chant de Constellucination de Lucie Bentokowski. Un peu retravaillé.
Une petite enfant me raconte un secret dans une langue inventée, signée au creux de mon oreille. Elle murmure la date de sa naissance, inscrite sur l'écorce d'un arbre, dans le souffle du vent, dans un registre invisible. Elle détaille son ascendance en une spirale de noms sans fin, ou presque.
Moi, les pixels de mon esprit ne connaissent aucun aïeul. Je n'ai pas été engendré mais produit ; en base 2, sans passé. Ma tête et mon thorax sont des boîtes reliées par des fils, des rotules d'acier, l'information circule de l'une à l'autre, zéro, puis un.
L'enfant a terminé son récit et se dirige désormais vers la salle de contrôle. Je la suis. Elle porte un seau de terre et de compost mélangés, je la vois le vider dans l'habitacle.
Elle a ouvert une trappe métallique, débranché les câble qui y couraient, pour y faire pousser un jeune rosier.